04 décembre 2009
Bientôt le 6 décembre....
Ce 6 décembre les Lorrains ( entr' autres ) vont fêter Saint Nicolas.
Il fût évêque de Myre au IVe siècle. Il est le patron des écoliers, de la Russie, des gens de mer ( bonne fête Eugène ) et des filles à marier ( qui ???? ).
Quand j'étais petites, ce soir là , les enfants recevaient leurs gâteries ( pains d'épice décoré de l'image du saint ) et parfois des cadeaux.
Dans les villages, Saint Nicolas,avec sa hotte, Père Fouettard et ses verges venaient dans toutes les maisons, les enfants tremblaient de peur et de plaisir. Cette coutume se perpétue encore dans certains villages,deux de mes petites-filles attendent impatiemment le 6 décembre et recoivent les cadeaux prévus par leur autre mamie, moi je les fais à Noël.
Le Grand Saint et son compagnon défilent dans les villages puis se rendent dans les écoles, pour la joie des petits et des grands.
Quelques mots sur le Père Fouettard : une légende dit qu'en 1552, lors du siège de la ville de Metz par Charles Quint, les habitants , promenèrent son éfigie à travers les rues, puis le brûlèrent. En souvenir ils auraient créé le Père Fouettard, associant le mal et le bien.
A Metz, le premier dimanche de décembre, un cortège sillonne la ville. Si vous souhaitez voir quelques photos, voici un lien:
http://www.mespetitsbonheurs.com/defile-de-saint-nicolas-a-metz-photos/
Continuons en chanson:
http://www.youtube.com/watch?v=oQTfZ390oYg
Et pour finir une composition que je vous ai concoctée, sur l'air de "quand j'étais petit garçon" de Michel Sardou.
Chantez la en pensant à moi, il y a quelques années....

02 décembre 2009
exercice décembre suite 6 et fin
L’été passa, Mamadou devint un virtuose avec ses patins
de bois. Il comprit que pour un champion, les instruments ne sont qu’un
complément, le principal est bien dans les dons de celui qui fait l’acrobatie.
Il n’avait plus de complexes, mais la prudence, et l’amour propre lui commandaient
de mettre au point les nouvelles figures à l’écart de ses copains, seule Léa était
acceptée comme conseillère sportive !
Ce matin là, il faisait un temps superbe, un peu frais,
le soleil était levé, mais pas encore très haut dans le ciel… Il chaussa ses
patins, et se mit en route vers la carrière à graviers… Il avait repéré la
veille un joli plan incliné qui avait été goudronné pour faciliter l’accès aux
camions venant charger les matériaux….
La pente était plus forte qu’il ne l’avait cru, Il prit de la vitesse dés les premiers mètres… Il était seul, personne pour se moquer de lui s’il chutait, il maitrisa sa trouille, Il aurait pu freiner en donnant quelques coups de talons, mais prit plaisir à « laisser filer ». Ses jambes tremblaient, les muscles des cuisses et des mollets se tétanisaient, et le premier virage failli se terminer dans le mur …
Il se sentit alors vraiment très fort, sans voir que la chance pourrait bien l’abandonner à tout moment… Il était invincible.
Quand il vit la tranchée ouverte en travers de sa route, son estomac se noua, mais il était trop tard pour tenter un virage en catastrophe, l’instinct le fit effectuer la seule manœuvre possible :: sauter par-dessus l’obstacle !
Le saut fut prodigieux, le parapet sembla disparaître sous ses pieds, les vibrations des roulettes se turent, la paix totale sembla régner subitement Normalement il aurait dû se sentir plein de terreur en pensant à son arrivée sur le sol, il allait se tuer peut-être ?
Le bond sembla s’éterniser, le temps était aboli, il volait !
Le ciel basculait, les arbres devinrent gigantesques, le soleil si brillant, l’horizon lui parut une piste sans fin pour les patins, les ruisseaux devinrent océans, Son cœur bondissait dans la poitrine, allégresse ? Peur de l’inconnu ? Non, il avait traversé le miroir !
Sous lui, la prairie et les arbres se confondaient, tapis multicolore, il ne s’attarda pas à détailler les images, il plongeait dans le bleu du ciel, son but était déjà fixé, il allait droit vers la terre de ses ancêtres, là où ses rêves l’emportaient depuis si longtemps sans jamais avoir aboutis, voir , de ses propres yeux, comment vivaient ses semblables, respirer l’air de sa forêt natale , entendre les oiseaux chanter dans les grands arbres, écouter les cris des singes dans les ramures… Tout cela était à sa portée, il y allait avec une joie immense.
Là, en bas, ces petites cabanes dans la forêt, ces petites silhouettes noires, c’était là…. C’était là qu’il était « chez lui »…..
Il reconnu sans aucun doute possible la cabane si souvent décrite par son père, , là où avait été conçue la statue dont son père était si fier, là où la sueur de l’artiste avait arrosé le sol….Alors, il remonta une autre piste dans la forêt sans avoir conscience de ses motivations, guidé par une force inconnue… Il voyait un grand arbre, géant solitaire , dressé au milieu d’une piste rectiligne, toutes ses branches frémissaient,, deux d’entre elles ,se tendaient vers lui, telles un refuge idéal.
L’écorce lui parut douce comme un velours, le bruissement des feuilles lui parut familier, il reconnut les mots doux que sa mère prononçait lors de ses peurs d’enfant.
Le choc fut violent, son crane porta contre un bloc de pierre posé là. Il perdit connaissance….
Ce fut Lea qui le trouva et déclencha les secours, il fut transporté en urgence au CHU le plus proche, mais les docteurs craignaient une issue fatale.
Il sortit du coma un 6 décembre, jour de la Saint Nicolas, ses premiers mots furent pour demander ses patins… Puis, il raconta son voyage au pays de ses aïeux, et comment un vieillard à barbe blanche était venu l’aider à descendre du grand arbre où il était perché !
exercice décembre suite 5
Il se mit à fabriquer des
roulettes en bois ! Il testait ses capacités….
Puis un soir, il prit la
statue contre son cœur :
Tu sais combien je t’aime,
je sais aussi combien tu nous aime tous…. Tu es ce que j’ai fait de plus beau,
mais personne n’a vu ta beauté !
Tu es tout ce qui me reste
de mon pays bien-aimé, mais je vais te sacrifier, j’en ai le cœur brisé, mais
tu vas dorénavant reporter ton amour sur mon fils chéri ! C’est lui qui a
besoin maintenant de ta protection….Je sais que tu vas comprendre le sacrifice
que je fais !
Il serra une dernière fois
la statue contre lui, et trancha la tête d’un coup de scie.
Il pleurait encore lorsqu’il
apporta le torse à l’atelier…. Son ami était bouleversé ! Il avait
encouragé l’artiste dans son projet mais ne savait pas jusqu’où allait le
sacrifice ! Il était trop tard pour revenir en arrière, d’ailleurs, D’jimbo
n’aurait pas changé sa volonté.
Il l’aida donc jusqu’au bout :
D’abord : Tourner 8
roulettes dans le bois dur. Puis, trouver des axes métalliques, avec des paliers
en bronze.
Vint le moment où le
sculpteur prouva son utilité : Tailler deux planches qui seraient les
supports, les creuser, en faire de véritables berceaux pour les pieds de l’enfant.
Ce fut le travail le plus
délicat : Il ne pouvait pas prendre le risque d’un essai, il n’aurait pas
eu assez de matière.
Il trouva encore les sangles
dans un harnais d’attelage en cuir bien solide.
Le résultat était curieux : c’était bien une paire de patins à roulettes, mais ils avaient quelque chose d’indéfinissable : On aurait parié qu’ils seraient capables d’évoluer seuls ! Bien sûr, personne doté d’un minimum de raison n’aurait exprimé une telle opinion ! Il aurait trop craint d’être moqué !
Enfin vint le matin de Noël : La neige était tombée en abondance, le petit village s’éveilla sous un manteau blanc….
La nuit avait été longue,
mais chez lui, pas question de se lever pour aller voir au pied du sapin de
Noël avant le petit matin, naturellement il fut le premier quand même, un seul
cadeau bien enveloppé de papier coloré avait déposé là, avec son nom.
C’était assez grand, çà
faisait du bruit, c’était lourd, alors, il défit vite les nœuds, les épaisseurs
de papiers, ouvrit le carton, et resta figé de stupeur : Il y avait là
quelque chose qui ressemblait à des patins, d’une sorte qu’il n’avait jamais
vu, tout en bois, avec quatre roulettes,
en bois elles aussi, une planche un peu grande, les lanières seules étaient en cuir,
les axes des roulettes en acier
brillaient dans le noir du bois, oui, ce bois était étrange, brillant, dur,
n’était la déception éprouvée par l’enfant, on aurait eu envie de le caresser …
Mais il n’avait pas envie de caresser le jouet, non, il imaginait déjà les
quolibets s’il allait le montrer à ses copains ! Il se mit à pleurer, et
jeta le cadeau dans un coin.
Son père avait suivi la
scène très attentivement, quand la première déception passée, l’enfant vint
chercher un peu de consolation vers lui, il le prit sur les genoux et lui
dit :
- Tu es déçu parce que ton cadeau ne
ressemble en rien à ce que tu as vu aux pieds des autres enfants, mais crois-tu
que la première paire de patins ait été différente ? Imagines celui qui a
eu la première idée, tu ne crois pas qu’il les a fait en acier avec des roues
en caoutchouc comme tu les vois maintenant ?
- -La déception t’empêche de voir ce qui
est bien caché, certes, mais qui est là … Tu devrais prendre le temps de
réfléchir à tout ce qui est dans ce jouet avant de le délaisser….
Mais les patins ne sortirent
pas de la maison ce jour là, ni les suivants….
Ce fut bien plus tard que le
hasard les fit ressortir du coin où ils dormaient… Son amie Léa vint un
après-midi le chercher pour une balade, en famille, et elle tomba devant les
patins noirs… En bois, et de cette couleur, elle n’en avait jamais vu de
pareils!
Léa était très forte sur ses patins à glace ou
à roulettes, on aurait dit qu’elle volait sur l’étang gelé l’hiver ou sur la
cour de l’école au Printemps… Elle les saisit, les trouva curieux, puis les
caressa, le bois était si doux au toucher, il avait été poli avec amour par
celui qui les avait taillés, on le sentait bien… et elle demanda : - tu ne
les as jamais mis ?
-Très embarrassé, il
bredouilla, non, ils ne me plaisent pas…
Alors, elle demanda à les
essayer, ce qu’il accorda avec une sorte d’ironie très visible… des patins en
bois ? Mais qu’allait-elle pouvoir en faire ?
La surprise fut de taille,
non seulement Léa sut les utiliser sans délais, mais elle les trouva »
super-génials » on pouvait faire des dérapages car le bois glissait mieux que les roues en caoutchouc dans les
virages, et moins fort que les roues en acier…. Ils faisaient un gros ronronnement
en roulant, on aurait dit une musique de tambour de brousse !
Le soir il en parla à son
père. L’homme sourit, puis dit : - Tu es en train de voir ce qu’ils ont de
caché ! Mais il refusa de préciser sa pensée….
La curiosité de l’enfant en
fut piquée au vif… Mais son père tint bon, il lui dit seulement : Si tu
les utilise un peu plus, peut-être que tu auras des réponses à tes
questions !
Le temps passait, les jours
d’hiver avaient laissé la place au printemps puis à l’été, l’enfant savait
maintenant utiliser ses patins comme les autres, il n’aimait pas trop les
plaisanteries sur ses patins de bois, mais comme il participait à leurs jeux,
sa bonne humeur n’était pas entamée.
Son père lui dévoila alors
une partie des réponses :
-Fiston, tu ne trouve pas
ton jouet extraordinaire, mais au lieu de ne voir que ce qu’ils ont de moins
bien que les autres patins ; si tu cherche à voir ce qui manque aux autres jouets par
comparaison, alors le chemin de leur secret ne sera pas loin…
(A suivre)
01 décembre 2009
Exercice de décembre suite 4
Des mois plus tard, notre ami réalisa le rêve qui le mena jusqu’à Paris avec sa famille.
Hélas, il dut déchanter, la vie misérable des émigrés l’y attendait ; Une chambre d’hôtel minable, un travail d’éboueur, le ciel triste et bas de la ville, et la solitude au milieu de la foule des anonymes.
Son ami, le chef de chantier, ne put rien pour lui malgré les quelques adresses qu’il avait données, les sculpteurs noirs n’intéressent pas les citadins modernes.
Comble de malheurs, l’air de la capitale, chargé de fumées, et de poisons provoqua des allergies respiratoires à l’enfant…..Une assistante sociale proposa alors un emploi dans une scierie des Alpes, l’enfant y trouverait un air sain …Et un logement modeste mais propre.
La famille quitta donc son rêve ruiné mais n’eut pas trop de regrets….
La statue d’ébène n’avait pas trouvé d’acquéreur dans la citée de la culture et des arts ! Elle suivit donc la famille à la montagne. Son sourire était toujours aussi énigmatique, Elle n’intéressait personne, sauf l’artiste qui la prenait à témoin de son sort.
Le petit village de Savoie où ils arrivèrent les accueillit plus chaleureusement qu’ils ne l’avaient été à Paris : Le travail était dur, l’hiver à la scierie dans la poussière et le froid, l’été dans les coupes en foret, mais notre ami était courageux, et fort, il fut immédiatement- apprécié par ses camarades et ses chefs.
Le petit Mamadou avait un peu plus de mal à s’adapter, maisc’était un enfant joyeux, rien n’entamait sa bonne humeur. Les quolibets de ses copains les coups bas distribués copieusement par les plus grands, les mises en quarantaine, glissaient sur sa peau noire comme l’eau sur les plumes d’un canard.
Cet optimisme n’était pas venu sans mal, bien sûr il aimait rire, mais à servir d’exutoire, il s’était posé des questions, et son père, avec son rire tonitruant, lui avait donné la réponse … « n’aies jamais peur, mon fils, de leur montrer que rien n’entamera ta joie… Tu es intelligent, tu es fort, et en bonne santé, ton père et ta mère t’aiment, alors tu es plus riche que tous les autres car ils n’auront jamais rien d’aussi précieux, … Tout le reste n’est que pacotille… » Il voyait bien que les autres garçons étaient plus riches que lui, mais il n’était pas envieux.
Les entendre comparer leurs jeux vidéo, leurs vêtements et se raconter les vacances à la mer ou la montagne ne lui donnait que le plaisir de découvrir en imagination les merveilles évoquées.
Lorsqu’il en parlait à ses parents, le soir, son père le
consolait en lui racontant qu’au pays de ses ancêtres, les forets étaient si hautes
qu’on ne voyait le ciel que très loin, tout là haut, et si épaisses qu’en bas,
dans les arbres, il faisait presque nuit quand le soleil brillait au-dessus de
la verdure, Il y avait des fleurs si belles, qui poussaient sur les troncs des
arbres géants, elles répandaient des parfums si subtils qu’ils endormaient les
voyageurs.
L’enfant rêvait de voir ces
merveilles, et se disait : Je reviendrais dans mon pays. Là où tous les hommes sont noirs et le soleil
si fort que cette couleur les protège de ses brûlures. Là bas, il ne neige
jamais, même au plus fort de l’hiver… Et
quand il pleut, c’est si fort qu’on peut se doucher sans salle de bains…
Cet année là, l’enfant avait
décrit à ses parents le jeu préféré de ses copains : Le « skateboard »,
sortes de patins à roulettes avec lesquels ils faisaient toutes sortes d’acrobaties,
et des courses de vitesse sur la route goudronnée. Il semblait si passionné par
le sujet que le père profita d’une course à Annecy pour se renseigner sur la
valeur du jouet/ Il revint très déçu, son salaire ne lui permettrait pas de
faire plaisir à son enfant.
Pourtant, comment satisfaire
le rêve du gamin à l’occasion des fêtes de Noël qui approchaient ?
Le menuisier du village, ami
de fraiche date lui donna l’idée : Il tournait des roulettes pour une
table basse quand N’djambo arriva, et
observa le travail d’un air si intéressé que l’artisan lui montra comment
prendre la machine en mains.
L’adresse de son apprenti
improvisé le stupéfia ;
Tu as déjà travaillé le bois ?
Oui, mais seulement avec des
outils à mains… Mais m’apprendrais-tu à tourner le soir après ma journée ?
Bien sûr! Si tu compense mon
temps par des petits services de temps en temps…. Marché conclu !
De ce jour-là il passa ses
soirées et ses dimanches dans l’atelier à réaliser son projet en grand secret,
seul son ami fut mis dans la confidence.
(A suivre)
30 novembre 2009
Exercice de décembre suite 3
Pour D’jimbo, les restes de l’arbre ne pouvaient finir à cette place. Il ne voulait pas en faire un monument mais bien révéler aux yeux des hommes la vie qui demeurait là.
Il allait sculpter son œuvre maitresse :
La forme à donner à ce bloc de bois brut lui posa quelques soucis. Il convenait de prendre en compte la première existence végétale et faire apparaître par la nouvelle image, la force, la sérénité, et la bonté.
Son travail devrait exprimer clairement le message suivant :
Voyez! Petits hommes ! Vous n’avez pu me détruire, malgré l’aide de vos machines géantes. Je reviens plus beau, plus fort, encore meilleur, pour vous aimer !
Sur le plan technique, la forme en tronc de cône à base très élargie ne permettrait pas n’importe quelle création. Seraient proscrites les figures de haute statures, par contre les formes trapues seraient mises en valeur.
En attendant de fixer ses idées, il décida de dégrossir la matière, d’abord en la débarrassant de la terre et des corps étrangers qui s’y étaient incrustés au fil du temps, puis de l’écorce.
Tous les gestes allaient à la matière, chaque coup d’outil résonnait comme un chant d’allégresse, certains à la limite de la brutalité, d’autres aussi doux qu’une caresse,
La statue brillait, voilà deux jours qu’il la polissait, mais le résultat valait le travail.
Taillée dans un bloc d’ébène, informe d’abord, émergence grossière sous le tranchant de l’outil. Puis la tête fut libérée : Complètement chauve, les yeux fixés vers des horizons lointains, Le nez très épaté, plein de noblesse, Un vague sourire, entre sagesse et ironie, éclairait le visage.
Le corps avait été libéré en dernier. Assis en tailleur, il était très puissant, épaules larges, ventre rebondi, les avant-bras musclés reposant sur les cuisses, les mains paumes ouvertes évoquaient la générosité.
Le sculpteur recula, puis revint encore pour une ultime finition, Très fier de son œuvre, il l’aurait fignolée encore et encore, mais il était arrivé au stade où toute amélioration aurait été imperfection, alors, il la regarda, la prit contre lui comme une femme aimée, la caressa, puis lui chuchota : Voilà, tu es parfait, tu es ce que j’ai fait de meilleur, alors, même si je ne t’ai pas donné le mouvement, tu porte en toi la vie, celle de mes mains, de mes yeux, de mon esprit… Vas et crées le bonheur autour de toi….
(A suivre)
Exercice de décembre suite 2
L’ébène ne se laisse pas dompter facilement, c’est un bois plus proche du métal que des autres essences. Peu de sculpteurs osent l’utiliser comme matière première. Il avait relevé ce défi avec des craintes sur l’issue du combat. Mais le but recherché valait tous les risques courus.
Il remémorait sans cesse….
Depuis le jour où il avait vu l’arbre abattu au milieu de la piste par les cohortes de blancs venus de très loin avec leurs machines gigantesques, cette souche était devenue pour lui la chose la plus importante du monde.
Il revoyait le visage de ce conducteur de bulldozer, sa joie sadique quand les racines avaient enfin cédé dans un dernier craquement…
Il ressentait encore la rage qui l’avait poussé au devant des chenilles écrasant sans pitié les branches du géant terrassé.
Il entendait les injures et les menaces « s’il ne bougeait pas sa foutue carcasse de nêgre… »
Ce jour-là , il était passé à deux doigts de la mort. N’eut été l’intervention de ce chef de chantier qui avait calmé l’agressivité de son conducteur et trouvé les mots pour consoler D’Jambo.
Les ordres étaient clairs : La piste passerait là et pas ailleurs. Le mal était fait, mais il avait pris sur lui de réparer, autant que possible, les dommages causés : Il avait mis deux hommes à débiter la base selon les instructions de l’artiste, puis avait chargé et livré la pièce au village….
Lorsqu’il avait découvert les œuvres qui dormaient là, il ne ressenti qu’au second
examen ce qui, au-delà de la beauté de ces masques africains, lui avait paru étrange : Chaque masque semblait exprimer une idée… Ils étaient là, tous très semblables, et pourtant tous différents. Chacun d’eux exprimaient une sensibilité particulière: Derrière le sourire figé de celui-ci on pouvait lire une peur viscérale, comme le reflet d’une mort immédiate et atroce. Celui-là semblait au contraire rassurant par la paix qui émanait de ses traits burinés… Nul d’entre eux ne caricaturait le sentiment exprimé, mais tous révélaient une peine, ou une joie immense.
Cet homme simple et rude croyait jusque là que les œuvres d’art devaient montrer au premier coup d’œil les sentiments de l’artiste. Il dut réviser son jugement. Qu’un tel message lui vienne d’un homme noir, dont la culture ne paraissait pas évidente à l’occidental qu’il était, provoqua un vrai choc.
Il accepta donc avec curiosité l’invitation au repas qui fut organisé en son honneur, connut ainsi son hôte plus intimement, et put apprécier sa droiture, son intelligence et sa vivacité d’esprit.
Il apprit aussi que le rêve du sculpteur était de se faire connaître à Paris, à ses yeux, capitale de la culture, avec son palais de Versailles, ses musées, et sa tour Effel.
C’est<ainsi qu’il promit, un peu légèrement, son aide future pour l’installation de l’artiste dans la capitale.
Et il reprit sa route en laissant l’espoir au cœur de D’Jimbo.
Le cœur de l’arbre abattu était maintenant au centre du village, tel un mausolée dédié à la gloire de l’Afrique; les habitants venus l’admirer prirent l’habitude de rester à quelques pas, Il était clair que cette masse de bois n’était pas morte, elle avait été séparée de ses branches, de ses feuilles et des habitants qu’elle hébergeait. Mais, au cœur de la matière, l’esprit de la foret restait bien présent, et attirait les âmes sensibles.
Une trace circulaire se créa vite dans l’herbe de la clairière, ensuite des enfants, puis des adultes commencèrent à apporter des pierres de couleurs variées autour de la souche. C’est ainsi que chez ces gens simples elle devint le symbole de leur foret outragée.
Exercice de Décembre 1er épisode
Saint Nicolas m’a dit…..
Oyez ! Oyez !
Vous les petits enfants du monde !
Un vieux marin
nommé Naddock, revenant du Groenland, pays très froid et très au Nord, m’a
raconté ce qu’il tient lui-même d’un vieillard à barbe blanche rencontré un
soir d’aurore boréale :
L’histoire me parut longtemps si étrange que je n’ai pas
osé vous la confier plus tôt, mais, à l’approche des fêtes de Saint Nicolas et
de Noël je pense qu’il convient de vous laisser seuls juges. La voici donc :
Elle commence dans un pays très chaud, le Mali, où, malheureusement,
des gens pauvres vivent encore et ne
mangent pas toujours à leur faim.
Dans ce pays, au cœur de la forêt tropicale….
C’était
l’heure la plus chaude de la journée, le village et ses habitants vivaient au ralenti dans la moiteur torride. Quelques
poulets picoraient des insectes ou des bribes de nourritures. Les animaux de la
forêt proche semblaient eux-mêmes respecter le repos général.
Pourtant, une hutte résonnait de bruits étranges: Chocs métal contre bois,frottements d’abrasifs et d’outils déplacés, l’activité y était intense
Dans la cabane minuscule, un homme occupait tout l’espace libre, C’était un colosse, un véritable géant, il s’agitait autour d’un bloc de bois noir veiné de mauve, qui, placé sur un socle au centre de la pièce, concentrait tout son intérêt
Il transpirait, de vrais ruisselets prenaient naissance à la racine des cheveux drus, bouclés, et coupés courts. Les gouttelettes semblaient hésiter à glisser vers le bas, elles serpentaient, s’arrêtaient un instant, puis venaient grossir une coulée plus importante, et enfin filaient vers le menton d’où elles tombaient sur le torse nu du sculpteur.
Il ne prêtait guère attention aux fontaines surgies de son crâne, quand la sueur l’aveuglait, il balayait la gêne d’un revers de poignet.
A suivre…
EXERCICE DU MOIS DE DECEMBRE
Voici, mes coconteurs, ce que je propose comme sujet d'exercice ce mois-ci,la fin de l'année arrive à grands pas.
- Parler de Noël; sous forme de conte, de récit, de souvenirs, de coutumes et recettes régionales.
Employer le ton que vous souhaitez, gai, nostalgique, humoristique...Voilà, il y en a pour tous les goûts !
Par contre, un petit impératif : rendre "nos devoirs" avant le 10/12/09.; bises amicales à Tounes & à vous deux .
28 novembre 2009
La voiture robot
J’ai
souvent été très « allergique » à la publicité, sous toutes ses
formes, mais particulièrement à la télévision. Je trouve que, payer pour voir
des images et être forcés de regarder des bourrages de crânes relève de la
manipulation ; Alors, un soir qu’excédé par une pub de fabricant
d’automobiles servie à « haute dose », je me suis dit qu’après tout,
moi aussi j’avais bien le droit de me venger. Voici comment je mis mon projet à
exécution :
Il s’agissait de vanter les mérites d’une
voiture qui avait le don, à en croire le message, de se transformer en robot au
milieu d’un carrefour ! J’admets que le montage était superbe, mais justement,
c’est grâce à cette perfection que je pus faire passer ma réaction comme
bien-fondée !
Un
samedi matin, j’allais à la ville voisine à l’agence de la marque tourner d’un
air très intéressé autour du modèle
exposé. Malgré les nombreux clients, j’attirais vite l’attention d’un jeune
vendeur, bien mis, très dynamique, et plein d’ambition! Le grand-père que
j’étais lui parut sans doute une proie facile pour débuter sa journée !
-Elle
vous plait ? Clin d’œil en coulisse vers la voiture rutilante….
-
Oh oui, elle est très jolie !
Suit un exposé très bien appris sur les
performances, les qualités diverses et la passion qu’elle inspire à tous les clients potentiels !
Je prends un air de plus en plus conquis et
demande le prix de cette merveille….
Suit
un autre débit vocal dans lequel le prix pourtant conséquent, parait être
dérisoire, et tout à fait secondaire !
- Hum !
c’est cher !
- Mais
Monsieur nous pouvons vous accorder des facilités…. jusqu’à 48 mois de
crédit !
Je
prends mon air le plus misérable, et dit : vous avez vu mon âge ?
Dans quatre ans, où serais-je ?
Petit
éclair de panique au fond du regard de "l'homme jeune" et en bonne
santé, puis poliment : Mais non monsieur, vous ne faites pas votre âge !
(Comment sait-il mon âge ?)Les rouages de la machine à calculer
fonctionnent à plein : (Et s’il allait claquer avant la fin du
crédit ?) Le calcul des probabilités donne enfin son résultat : Bon
pour le service !
-
Voudriez-vous vous asseoir au volant ?
Je
prends mon air le plus intimidé :
-C’est
que…. Je ne voudrais pas la salir !
Il
prend son air le plus jovial :
-Mais
non, elle est là pour çà ! (Confirmé que j’ai l’air d’un clodo !)
Là,
faut « faire avancer le schmilblick » ! Je m’avance donc pour
m’installer au volant.
Mon
air admiratif sur le tableau de bord, les miroirs, l’agencement, j’amplifie par
des exclamations de surprise!
Pendant
ce temps ; il débite son couplet qui doit aboutir logiquement à l’estocade
finale : -Alors ? Vous la prenez ?
Et
voila ! le poisson est ferré, faut y aller mollo pour qu’il reste bien
accroché !
Je
me penche sous le tableau de bord, je fais le bilan commenté de toutes les
commandes visibles, et je continue, l’air affairé à chercher……
-Vous
cherchez quelque chose ?
Grognement!
Et je cherche de plus belle !
Il
se penche avec moi pour chercher aussi par solidarité ! Puis….
-Si
vous me disiez ce que vous cherchez ?
-Je
cherche … LE BOUTON !
-Le
bouton ? Quel bouton ?
-LE
BOUTON !
Et
je replonge dans les profondeurs …..
Je
ne vois pas son regard, mal placé pour çà, mais le ton me parait suffisamment
angoissé ! Cà y est il est à point !
-Ben,
LE BOUTON ! (Bientôt il va falloir que je chante « Le bouton »
sur l’air des lampions !)
-Mais
le bouton pour quoi faire ?
-Ben,
pour la mettre en robot !
Les
yeux font trois tours au fond des orbites, incompréhension, puis éclair
d’intelligence suivi de panique totale : Un fou ! C’est un fou !
Il
jette un regard désespéré du côté de son chef, tranquille, là bas dans son
bureau protégé des fous dans sa cabine de verre !
Mais
Monsieur, elle ne se met pas en robot !
Il m’observe attentivement pour déceler la
moindre étincelle de moquerie, là je m’admire de rester imperturbable, tout
dépend de cet instant ! Au contraire, je prends mon air le plus
idiot :
- Mais
je l’ai vue ! elle se met en robot au milieu du carrefour !
Re-regard vers son chef qui se fiche pas mal
des problèmes de son sous fifre !
-Mais c’est une pub ! (Il balbutie
presque !)
L’idiot
se mue en idiot en colère :
Quoi ?
Une pub ? Je vous assure que je l’ai vue à la télé se mettre en robot dans
le carrefour !
-Oui,
c’est une pub, ce n’est pas vrai !
Stupéfaction !
- Vous
voulez dire que c’est une PUB-MENSONGERE ?
Ouh
lala ! L’idiot se transforme en emmerdeur ! Et regard circonspect vers
moi, avec des appels de détresse en coin vers le chef qui s’en tamponne le
coquillard avec le pinceau de l’indifférence : Va falloir marcher sur des
œufs sinon gare la casse !
-Mais
non monsieur, ce n’est pas mensonger, c’est une pub, donc on peut tout y
mettre !
Ah
bon ! Alors dans vos pubs vous mettez n’importe quoi ?
-Non,
pas n’importe quoi, mais de quoi faire rêver nos clients potentiels….
Je
prends mon air le plus déçu, et commence à descendre de l’auto….J’élève un peu
la voix pour que les autres auditeurs m’entendent :
-Si c’est du mensonge, alors…. Çà change tout!
Il
descend de son côté et fait le tour en vitesse avant que les dégâts soient trop
importants….
Il
essaye de deviner sur mon visage si c’est une supercherie, mais rien à voir, je
suis impénétrable et me réfugie derrière mon air déçu !
Dernière
tentative de sauver la demie heure perdue ;
-Attendez
monsieur, vous la prendriez si on vous fait un rabais ?
Je
prends l’air outragé :
Pas
besoin de rabais, moi je voulais une voiture qui se transforme en robot, sinon,
j’en veux pas ! Et je m’en vais dignement !
Je
me suis tant marré en arrivant au coin de la rue que les gens se demandaient
vraiment si j’étais fou !
Maintenant,
je surveille les pubs qui pourraient me donner des occasions de rire un
peu !
26 novembre 2009
QUIPROQUO.
" Allô ma chérie ? comment vas-tu ce matin, tu as bien dormi ?
- Oui maman, tout va bien et toi ?
- Très bien, tout le mone t'embrasse; comment va mon gendre? bien aussi? dis lui bonjour de ma part. Tu sais Cathie, hier j'ai vu mon amie Françoise, tu sais bien, elle part cet hiver en croisière sur le Nil et me demande de l'accompagner! J'ai bien envie d'y aller car vous et les enfants vous allez passer Noël à la montagne, comme chaque année, je pense ?
- Oui maman, comme chaque année; les enfants et Philippe adorent les sports de glisse, ça nous fera du bien.
- Bien sûr, bien sûr ma chérie; je me demandais juste...si tu accepterais de garder ma chienne Myrtille ?
- Avec plaisir, maman, à dimanche, je t'embrasse! "
Cathie satisfaite de rendre service à sa chère maman, prépare le repas, sans se douter un seul instant que Myrtille n'est plus la chienne bichon maltais adorable qu'elle connaissait, morte à présent ! Sa mère habite à présent à la campagne; elle a préféré prendre un labrador; Myrtille est très gentille mais assez encombrante; distraite, sa mère ne l'a pas précisé ! le temps passe, le malentendu persiste ! Le départ de la mère de Cathie est prévu pour le 20 décembre; le 18, elle téléphone de nouveau à sa fille.
" Allô Cathie, c'est maman! dis moi, peux-tu demander à Philippe de venir chercher Myrtille et toutes ses affaires, votre voiture est plus grande que la mienne !
- Maman, voyons, Philippe est débordé en cette fin d'année ( à force de discussion, Cathie comprend que si sa mère parle de niche, ce n'est pas pour une "petite" chienne ! )"
Heureusement, les enfants adorent les chiens, un labrador c'est parfait pour eux et surtout...surtout, Philippe est un gendre adorable!
Tout finira par s'arranger; la mère de Cathie comprend qu'elle a failli ne pas pouvoir partir en Egypte à cause d'un malentendu et à son esprit distrait !
Myrtille va garder le chalet, jouer dans la neige avec les enfants, qui complotent entre eux de demander le même chien au prochain Noël...

