04 novembre 2009
Novembre est là...
Sur des rimes empruntées
à Victor Hugo :
Novembre est
là….
Halloween n’a pas déclenché
la panique,
Jeunes et vieux ont
gardé toute leur raison….
Maintenant, il va
falloir qu’on communique
A chacun, de quoi avoir le grand frisson.

Faute de quoi, nous
aurons beau faire ou dire
En toutes circonstances,
aurez, l’air de rien,
Œil torve, triste mine
et âme qui soupire.
En nul confort, vous ne
vous sentiriez bien…
Allumez feux et lumières en la demeure,
Pantoufles les plus
douillettes aux pieds,
Sortez livres, revues,
mais rien qui pleure,
Et régalez vos neurones en
lisant ; Riez !
03 novembre 2009
Rimes de Maurice CAREME, de RIMBAUD.
A PERDRE LA RAISON. MELO.....
C'est dans un bac à fleurs qu'elle l'a mis, Dans le cinéam sombre
L'anneau de l'amour, entouré de coton. Où se pressent les gens,
La vieille dame crie: qui me l'a pris? Sur l'écran surgit l'ombre
Tout en fouillant dans toute la maison. Du Bellâtre engageant.
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Affolée, elle court dans le jardin, Jetés les vieilleries,
Puis lentement se fige dans l'allée Les poupées de chiffon,
Fixant intensément le mur voisin Les actrices flétries,
Elle sait: sa raison s'est envolée.... Les chow-chows, les griffons.
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Elle a peur, elle a froid et croit vraiment Voici la belle histoire,
Qu'ailleurs, il faudra se poser. Des Nanas, des Beaux Fruits,
Oh! mais c'est le pinson que l'on entend De l'homme au regard noir
Elle sourit et se met à siffler . Qui mourra sans un bruit.
01 novembre 2009
Rimes de RIMBAUD et de M.CAREME.
Marche nocturne Au jardin du voisin.
La lune éclaire la nuit SOMBRE, Ce matin me rendat au JARDIN
Où l'on voit s'avancer dans l'OMBRE J'ai pu voir dans celui du VOISIN
Un cortège de pauvres GENS, Un arbuste contre sa MAISON
Aux faciès peu ENGAGEANTS... II portait des boules de COTON.
Vêtus de hardes, de CHIFFONS. Sur une branche, près de l'ALLEE
Un chien fidèle, un vieux GRIFFON La famille merle s'est POSEE,
Accompagne leur vie NOIRE, Me voyant l'un se mit à SIFFLER.
Au carrefour de leur HISTOIRE ! Soudain je ne sais ce qui me PRIT
Sursaut au moindre BRUIT, A chanter moi-même me suis MIS.
( Ils ont chapardé quelques FRUITS... ) Surpris par ma stupide ENVOLEE
Quelques pommes à l'aspect FLETRI, Le voisin de sa porte m'ENTEND
Mêlées à leurs pauvres VIEILLERIES... C'est alors que gêné, je comprends
Ils marchent... allant je ne sais où ! Qu'une voix de fausset,non VRAIMENT
Leur liberté me rend jaloux. Jamais ne pourra rivaliser
Dans la tiédeur de mon logis, Avec celle d'un modeste biset ...!
Ma jeunesse trop assagie,
S'enfuit déjà à tire d'aile,
Ma mie, toi toujours si belle,
Depuis longtemps à mes côtés
Tu vaux mieux que la liberté;
Tous deux dans la pénombre,
La lune éclaire la nuit sombre...
30 octobre 2009
Exercice de Novembre
Puisque tout le monde est là il serait temps de se remettre au travail !

Je vous propose d'écrire un poème.... aie, aie , pas facile....
certes, mais pour vous aider, je vous donne des rimes de poètes connus !
Ce sont des quatrains, mais vous pouvez faire plus long! choisissez au moins 8 rimes de votre poète préféré:
RIMBAUD : sombre -gens - ombre - engageant
vieilleries - chiffons -flétries -griffons
histoires - fruits - noires - brui ( t )
Maurice CAREME : mis - coton - pris - maison
jardin - allée - voisin - envolé(e)
vraiment - posé - entend - siffler
Victor HUGO : panique - raison - communique - frisson
dire - rien - soupire - bien
demeure - pieds - pleure - riez
semble - trompeur - tremble - peur.
Question subsidiaire : de quels poèmes sont tirés ces vers ? qui sait ?
pas moi j'ai cherché sur le web .
26 octobre 2009
Je reviens
Bonjour à toutes et tous,
Voila plusieurs mois que je néglige ce blog, dont j’ai
pourtant été l’un des initiateurs.
J’aurais dû, ne serait-ce que par politesse, venir m’en
excuser. Je ne l’ai pas fait, car je pensais que des excuses sans au moins une
justification n’auraient que valeur de pirouette.
Mais cette position inconfortable m’a mis mal à l’aise,
et m’a incité à rechercher les raisons.
Cela m’a été difficile, c’est pour cela que j’ai mis si
longtemps…. Mais voici maintenant mes
conclusions :
-Depuis prés de dix ans que l’ordinateur, après avoir été
un outil de travail, est devenu le véhicule de mes pensées, de mes curiosités,
et de mes relations à distance, sans oublier le moyen de tomber du courrier
présentable et de tenir une comptabilité claire….. C’est dire l’importance que
je lui prête ! (A mon ordi !)
Quand j’ai découvert les possibilités d’internet, j’ai
immédiatement été emballé….Moi, ancien opérateur radio Marine marchande, je retrouvais là le
moyen facile de communiquer avec le monde entier, de me faire des ami(e)s, de
confronter mes points de vues, bref, de
sortir de l’isolement de ma retraite montagnarde.
J’ai découvert aussi très vite que le monde virtuel n’est
pas peuplé que de braves gens, mais qu’il y a aussi les aigris, les pervers,
les malfaisants … Moi qui donne toujours le bénéfice du doute favorable aux
nouveaux amis, j’ai parfois été très déçu, j’ai parfois boudé le web, mais suis
toujours revenu pour garder le contact avec les vrai(e)s ami(e)s.
Puis, les blogs m’ont fait voir d’autres possibilités de
travail, et cet atelier d’écriture m’a bien aidé à progresser, grâce à mes deux
amies, et à vous tous .C’est malheureusement au cours des développements de certains textes, que j’ai commis une
imprudence …Je n’ai pas vu le piège, et me suis trouvé pris !
J’ai cru possible de donner une identité à mes héros,
ceux de mon enfance, qui portaient tous mes rêves d’adolescent, et ont
probablement guidé mes choix ultérieurs,
étaient les personnages favoris de mes écritures, De Popeye à Robinson Crusoë,
de Superman à Tintin, ils me permettaient de mobiliser facilement la sympathie de mes
lecteurs, et sans doute aussi de profiter des miettes de leurs renommées. En
quoi j’avais tort, car il semble que notre époque toute entière orientée vers
le profit financier, ne tolère pas l’emprunt, même provisoire, des héros à l’histoire
« copyright » ?
J’ai donc d’abord très mal accepté l’idée d’avoir plagié,
alors que je n’avais cru que faire sourire en faisant revivre certains
personnages hauts en couleurs ! Je me suis muré dans un silence boudeur,
Ce qui n’était pas non plus très malin !
Alors aujourd’hui, je sors de mon silence, je vais
modifier mes textes passés dont les noms pourraient prêter à croire au plagiat…
Ils vont garder une consonance rappelant leurs origines, car quand même, leurs
actions ont étés imaginées par votre serviteur ! Mais s’ils reviennent un
de ces jours, ne soyez pas étonnés, ce ne sera pas une faute d’étourderie !
En conclusion, avec toutes mes excuses pour ne pas être
venu plus vite vous faire part de mes états d’âme, je voudrais ajouter quelques
mots sur ce sujet qui est à la mode :
Le plagiat, le piratage, la copie de modèles déposés….
Bien sûr, le législateur a raison de protéger
les artistes créateurs. On n’aime pas voir détourner les fruits de son art et
de son travail, mais j’ai bien eu le temps de réfléchir à ce problème : si
le plagieur, ou le pirate commet une action illégale en vue de commercialiser
pour son compte les résultats de son action, alors, il est coupable, Mais s’il
ne fait que mettre en mémoire pour son usage personnel, et l’avoir disponible,
une œuvre musicale, artistique ou littéraire, considérer cet acte comme
illégal, nous entraine tôt ou tard dans des voies plus que dangereuses :
Car comment nommer le fredonnement d’un air entendu à la
radio ? Ou le rappel d’une tirade de fable ou d’antologie littéraire ?
On peut pourtant bien l’assimiler à la publication d’un plagiat !
Et si nos créateurs artistiques ne publiaient pas à
outrance leurs œuvres sur tous les médias, allant même jusqu’à payer pour faire
parler d’eux, n’y aurait-il pas un peu moins de copies ?
A quand l’interdiction de chanter les airs populaires
sous peine de contravention ?
Voila… J’ai terminé…. Je lirais vos commentaires avec intérêt
et y répondrais si je trouve les arguments !
Bien amicalement à toutes et tous
22 octobre 2009
En attendant le prochain exercice.
MADDY :

ROLKY :
Clément a 12 ans, il en avait 3 et demi.

12 octobre 2009
Le Médaillon.
Elle marche sous la pluie, les mains dans les poches de son imperméable, le col relevé. Elle aime cette pluie bienfaisante, qui ne dure jamais longtemps; le soir tombe, peu à peu les rues se vident... Ellerentre chez elle après une journée de travail dans une boutique et peut enfin laisser tomber son masque de jeune femme toujours aimable, souriante... Elle va retrouver son studio, son chat qui l'attend, compagnon de solitude. Un reflet dans une flaque... Quelque chose attire son attention, elle se penche et ramarque un vieux portefeuille très abîmé, l'ouvre: il contient quelques pièces, aucun papier pour l'identifier... et aussi une fine chaînette d'argent avec un médaillon ! Bouleversée, elle porte la main à son cou, oui la sienne est encore là... C'est la même , avec des initiales gravées: FG; celle-ci : initiales CG ! Elle n'en croit pas ses yeux, cherchant à comprendre la farce que le hasard lui joue au coin de cette petite rue déserte. Bouleversée, elle rentre hâtivement chez elle, ce soir les caresses de son chat n'apaisent pas son trouble, elle ne parvient à trouver le sommeil qu'à l'aube, après avoir décidé de rendre visite au plus tôt à sa seule parente, sa vieille tante... Elle s'y rend dès le lendemain, seule sa tante pourra peut-être lui donner une explication... Elle est accueillie par la soeur de sa mère, qui confond quelquefois le présent et le passé; ce jour là, tante Eugénie semble en forme, heureuse de la voir. Elles prennent le thé ensemble. Fabienne a apporté les biscuits préférés de la vieille dame; enfin elle lui parle de sa trouvaille, la lui montre... voit le visage d'Eugénie devenir blême en voyant le médaillon... elle reste sans voix, d'abord. Puis murmure: " Céline... c'est celui de ta soeur Céline."
Effarée, Fabienne apprend peu à peu qu'elle a une soeur jumelle qu'elle n'a jamais connue, elles ont été élevées séparément, elle par leur mère, Céline par leur père. Peu de temps après leur naissance, leurs parents ont divorcé, leur père est parti à l'étranger avec Céline, leur mère restée seule avc Fabienne n'a pas cessé de faire des recherches pour retrouver son autre fille, épuisée de chagrin elle est tombée très malade, sans avoir parlé à Fabienne de sa soeur jumelle, elle s'est éteinte un jour laissant sa fille aux soins d'Eugénie. Celle-ci n'avait jamais raconté ce secret de famille à quiconque. Effarée, Fabienne ne comprend pas que personne ne lui ait jamais parlé de l'existence de sa soeur.... elle savait à présent d'où lui vient depuis toujours cette sensation de manque...
Comment faire à présent pour retrouver Céline et leur père ? Pourquoi personne ne lui jamais révélé l'existence de sa soeur qui a peut-être une famille? Ces questions tourbillennent dans sa tête comme des mouches se heurtant à une fenêtre; quoiqu'il en soit, elle sait désormais qu'elle ne retrouvera jamais le repos tant qu'elle n'aura pas résolu cette énigme. Le lendemain , elle reprend tristement le chemin de la boutique; elle sait qu'elle doit oublier ses soucis et faire bonne figure devant la clientèle. Sitôt entrée, elle voit un homme qui la dévisage à travers la vitrine; il se décide à entrer... Son coeur s'emballe follement quand il prononce son prénom...
C'est lui, son père ! Il l'a enfin retrouvée... elle va enfin savoir. Elle demande la permission de s'absenter, ils s'installent à la brasserie voisine. Elle apprend qu'il la cherche depuis des années, sa soeur va bien, vit avec mari et enfants à 200kms de là ! Elle avait cassé la chaîne que leur mère avait accroché à leur cou à leur naissance, elle l'a donnéeà son pèreen vue de la réparation, il l'a égarée... Qui l'a trouvée et mise dans ce vieux portefeuille ? Qu'importe ! grâce à ce médaillon, la famille allait se retrouver, les deux soeurs ne plus jamais se quitter.... Fabienne très émue aperçut un arc-en-ciel, persuadée qu'enfin leur mère allait pouvoir reposer en paix
09 octobre 2009
Ce matin là.
Ce matin là, je me levai de bonne heure. Mon effort fût récompensé dès que j'ouvris le volet de la cuisine, devant moi, le paysage était magique. J'allais vite chercher mon appareil photo. Le soleil se levait, une ligne rouge sang se découpait sur le ciel noir, bordant les sommets des monts lointains. Soudain le ciel s'embrasa, tel un volcan en irruption, les rayons jaillissaient, inondant de rouge, orange vif, jaune ocré et rose le contour du Mont Ventoux, que j'apercevais à travers les roseaux et le feuillage du noyer voisins.
La journée s'annonçait belle, je décidais de réaliser mon projet: photographier les fleurs des champs. J'expédiais les tâches ménagères et chaussais mes baskets ... Bizarrement le soleil ne tenait pas ses promesses ne faisant que de brèves apparitions derrière les nuages. Le ciel se parait de gris sombre, éclairé par du gris perle, du blanc et du bleu. Il faisait exceptionnellement doux. Je chantonnais, mitraillant au passage ces modestes fleurs qui n'ont rien à envier aux fleurs du jardin. Leurs couleurs sont éclatantes ou timides, leurs corolles s'épanouissent, dentelées, ourlées, ou en fines clochettes
. Le jaune or côtoie le bleu azur, le violet,
le parme ou le blanc immaculé. Les touffes de fleurettes se mèlent aux herbes séches, aux chardons et aux mille espèces de plantes vertes. J'admirais au loin la maison aux volets bleus, nichée au milieu d'un bosquet. Entourée de silence, de calme, de beauté, je m'émerveillais du bonheur de déambuler dans ce vignoble magnifique, grappillant quelques grains de raisin sucré, caressant une feuille de vigne rougeoyante ou un cep noueux.

Je ne pouvais terminer cette balade sans m'arrêter à la vieille chapelle abandonnée. J'aime la sobriété du style roman, même si les murs sont sales, lézardés,les ouvertures sans vitraux, le sol déshabillé de ses carreaux. Je m'y sens bien. Comme pour me récompenser, un pâle rayon de soleil pénétra par une ouverture, apportant un éclat de lumière sur ce qui fût l'autel. Je m'approchai, mes yeux furent attirés par un objet noir sur le sol. "- Tiens un portefeuille, il a l'air bien vieux et racorni. Qui a bien pu le perdre ? la chapelle n'attire pas les touristes." J'ouvris le portefeuille, aucun document, dans la partie porte-monnaie quelques pièces d'euros et ...oh surprise: un médaillon en métal blanc poli, accroché à un ruban de velours noir. Je m'assis sur une marche d'un reste d'escalier, le médaillon dans ma main. Dans un flash je revis ma mère, elle portait toujours un magnifique médaillon en or ciselé qui venait de sa grand-mère. Dans ce médaillon elle avait mis les photos de mes deux frères trop tôt disparus. Ce médaillon n'avait rien d'un bijou précieux, mais le soleil le faisait briller dans ma paume. Je l'ouvris et découvris deux minuscules photos jaunies, celle d'une femme déjà mûre qui me parut belle, et ... surprise: celle d'un chat blanc.
Qui pouvait garder ce souvenir dans un vieux portefeuille ? si c'était une jeune fille, elle l'aurait accroché autour de son cou à une chaîne d'argent, ce serait plutôt un homme, un veuf très amoureux de son épouse disparue. Mais pourquoi un chat ? Certainement le chat de la dame. Romantique, je me dis que cet homme avait dû beaucoup aimer cette femme si douce et racée pour la garder sur son coeur dans ce portefeuille.
Toute à mes pensées, je vis franchir la porte par la propriétaire de la maison aux volets bleus, une nonagénaire alerte, gaie, coquette, avec qui j'aime bavarder. Je me levai et allai à sa rencontre. " - Bonjour Madame C. alors, vous aussi vous vous promenez dès le matin . - Mon Dieu, s'exclama-t-elle vous l'avez trouvé, je l'ai cherché partout et je me suis dit que je l'avais peut-être perdu ici." Un peu génée , je lui tendis le portefeuille et le médaillon ouvert. " - Vous savez , me dit-elle, c'est ma fille Clotilde et son chat Grégoire." Voyant certainement que j'étais dévorée de curiosité elle ajouta : " - Ils sont morts tous les deux dans un accident de voiture, il y a environ vingt ans...et moi...je suis toujours là ! Pendant longtemps j'ai eu sur mon buffet une photo représentant ma fille et son chat lové sur ses genoux. Un jour une de mes petites-filles m'a apporté ce médaillon, nous avons découpé la photo et j'ai placé face à face Clotilde et Grégoire. J'ai mis ce médaillon dans le portefeuille qui avait appartenu à mon mari et je le garde toujours dans ma poche.
Mais il est tard, il va être l'heure du repas, rentrons, me dit-elle. Quand vous aurez le temps, venez prendre une tisane ou un café, je vous raconterai l'histoire de cette chapelle.

06 octobre 2009
Nouvel exercice, " Le médaillon"
Continuons notre promenade parmi les mots : Une personne marche dans une rue ou un sentier; elle découvre au sol un portefeuille contenant un peu d'argent, aucun papier...
Dans une poche intérieure, elle trouve un médaillon et une chaîne sans valeur...
A partir de ces objets, nous allons faire appel à nos souvenirs, à notre imagination, pour décrire leur propriètaire, son mode de vie, son apparence; est-ce un homme, une femme ? jeune, vieux ? Au travail ...Bon courage !
27 septembre 2009
Le Petit Peuple du Jardin.

Le 21 septembre 2009. 18h. Dame Sagesse s'est installée sur la grosse pierre au pied du vieux chêne. Accompagnée de ses adjoints: Taupe-Caverneuse, Fourmi-Rouge-Avisée, Souricette-Aventureuse et Mésange-Bleue-Rieuse, la vieille vipère attend ses administrés. Pic-Tambourineur, a bien fait son travail d'information, le Petit Peuple du Jardin a répondu à l'appel.
Les araignées sont sorties de la maison, elles précèdent la colonie des fourmis, suivie des pince-oreille, des scarabées et des pucerons. Cette procession intrigue Arthur, le chat, qui les suit à pas de loup vers le fond du jardin. Voici la famille escargots et ses cousines les limaces, le clan des lézards, la tribu des mulots, musaraignes et souris. Tiens on dirait Crapaud-Ronchon accompagné de Grand-Mère Couleuvre-Arc-en-Ciel, de sa petite fille et de l'ami Orvet-Doré. Une nuée de sauterelles passe devant lui, les coccinelles et papillons virevoltent tout comme Libellule-Gracieuse. Des essaims d'abeilles, de guêpes et de mouches se posent de concert. Les vers et lombrics rampent ventre à terre vers le vieux chêne. Mr. Quipic interpelle les triplés qui musardent comme d'habitude tandis que Mme Quipic, fataliste, dresse ses piquants vers le ciel. De plus en plus intrigué, Arthur s'approche, mais à la vue de Dame Sagesse, il bat en retraite et va se percher sur une branche d'un pin proche. Non loin de lui, Pic-Tambourineur s'impatiente. Sur une planche les petits oiseaux sont rassemblés: rouges-gorges, mésanges, verdiers, gros becs, hirondelles, merles et autres, un roucoulement annonce l'arrivée du couple Tourterelles accompagné de Pie-Gourmande et de son jumeau, Chauve-Souris-Frôleuse et Corbeau-Sagace se sont joints à eux. Lapin-Vagabond et Miss-Belette sont venus en voisins. Bon dernier, sautillant de branches en branches, Ecureuil-Malicieux s'installe à leurs côtés.
Tout le monde attend le discours de Dame Sagesse, qui ne tarde pas à réclamer la parole. " -Bonsoir mes amis, cette journée de fin d'été a été bien agréable pour nous tous. Ami Soleil n'a plus dardé ses rayons brûlants mais nous a agréablement chauffés. Notre ciel si bleu a pâli et s'est paré de jolis nuages bleutés. Bienvenus nuages, hier, devenus gris puis noirs ils ont fait revenir notre amie la Pluie, grâce à Mr. Mistral notre ciel s'est éclairci, nous offrant un magnifique arc-en-ciel. Aujourd'hui nous avons pu profiter de notre jardin ragaillardi. Avez vous vu comme les fleurs se sont redréssées, elles ont refleuri, une clématite violette est apparue se croyant peut-être au printemps. Dans le potager, le thym, le romarin, le basilic ont mêlés leurs parfums à l'herbe mouillée et aux quelques lavandes oubliées. Les derniers légumes regrossissent, s'épanouissent, leurs peaux et feuillages brillant au soleil. Que de belles couleurs: une rose rouge,un pétunia blanc héroïque, résistant de la sécheresse, zinnias rosés, crocus jaunes d'or, belles-de-jour jaunes pâles ou rouges clairs, quelques asters blancs ou violets; dans le potager le grenat des aubergines, le rouge sang des tomates, le rouge orangé des potirons, le violet des choux-rouges, le verts des blettes et des tétragones, ainsi qu'au loin, les feuilles flamboyantes de la vigne complètent cette palette de couleur.
Mais ne nous y trompons pas, l'Automne montre le bout de son nez. Notre Vénérée Mère Nature troque petit à petit sa radieuse parure multicolore, contre une tenue faite de brume, de tons pastels, rehaussés par des couleurs brunes, jaunes, cuivrées, rouges ou mordorées. Soleil et Pluie accompagnés de Mistral seront encore plus présents. Avez vous remarqué que nos amies cigales se sont tues. Pour beaucoup d'entre vous c'est une période faste, vous allez vous gorger de nourriture succulente: noix, noisettes et glands, dernières grappes juteuses oubliées par l'ogre vendangeur, derniers fruits sucrés et légumes bien mûrs, hélas nous n'aurons peut-être pas de champignons, la terre est trop sèche. Il vous faut penser que les mois suivants seront froids et rigoureux, vous devez vous préparer, vous savez tous quelle conduite prendre, ne tardez pas à vous y mettre, cherchez des refuges adaptés, méfiez vous du piège des maisons.
Ce soir mes amis faisons la fête, cette soirée est magique, le soleil couchant baigne de rouge rosé les cîmes des montagnes, la brume bleutée s'étend sur le vignoble, il fait incroyablement doux. Tout à l'heure Lune-Pleine viendra nous éclairer. Mes amis oubliez vos querelles, vos combats pour la vie, vos différences, soyez fraternels. Que la fête commence. " Sous les yeux écarquillés d'Arthur, le Petit Peuple du Jardin s'agite. Les oiseaux forment un orchestre, accompagnés de Lapin-Vagabond et de Pic-Tamborineur. Tout le monde danse, petits et grands mêlés. Grand-Mère Couleuvre Arc-en -Ciel organise une farandole endiablée. Sur la grosse pierre, Dame Sagesse, bat pensivement la mesure. Au printemps prochain elle ne sera certainement plus là, elle sait que le Petit Peuple du Jardin trouvera un successeur compétent. L'Eté se termine en beauté, l'Automne débute en fraternité. La vieille vipère est heureuse d'avoir pu provoquer ce moment privilégié.
Comment suis-je au courant me direz-vous ? Voyons c'est Arthur qui m'a tout raconté.



